livres sur la collapsologie : théorie de l'effondrement

Livres sur la collapsologie : la théorie de l’effondrement

4 Livres sur la collapsologie, 4 auteurs Jean-Marc Jancovici, Yves Cochet, Jared Diamond, Renaud Duterme

Définition de la collapsologie : c’est l’étude de l’effondrement de notre société. Il pourrait être causé par l’épuisement des ressources naturelles, la crise de la biodiversité, le changement climatique, une grave crise économique provoqué par un krach, une guerre civile … Ces risques pourraient entraîner des bouleversement majeurs sur la civilisation thermo-industrielle. Certains l’imaginent comme un tsunami violent et brutal, d’autres pensent que l’effondrement est déjà en cours actuellement.

D’autres livres :

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Effondrement 

Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

Jared Diamond

Livre de 874 pages

Dans ce livre, l’auteur fait un tour du monde et étudie autant les sociétés passées que modernes.

L’effondrement de quelques civilisations anciennes :

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  • l’île de Pâques : comment les Pascuans qui ne disposaient que d’outils de pierre ont-ils pu détruire leur environnement ? Comment ont-ils pu couper le dernier arbre et mettre fin à leur société ? L’auteur nous propose un début d’explication : l’isolement, les conditions climatiques, la surexploitation des ressources, les attaques hostiles du voisinage …
  • L’effondrement des sites Mayas : il aurait été la conséquence de problèmes environnementaux et démographiques, de conflits sociaux et de guerres
  • Les causes de la disparition du peuple Viking au Groenland : surpâturage, érosion des sols, refroidissement du climat, rivalités …
  • Les Anasazis, les habitants des îles de Pitcairn et d’Henderson.

Les problèmes actuels dans quelques pays :

  • l’État du Montana aux États-Unis : c’est un des États le plus préservé et le moins peuplé du pays. Pourtant, il souffre de problèmes démographiques, de la dégradation de l’environnement, de déforestation, des déchets toxiques dus à l’exploitation minière, pollution des eaux … Le Montana est relativement pauvre, il a des handicaps comme une faible pluviosité, une courte saison végétative. C’est pourquoi il peine à faire vivre ses habitants. La moitié des revenus des habitants du Montana provient des paiements versés par le gouvernement fédéral. Les États-Unis à leur tour, dépendent d’autres parties du monde pour leurs ressources en matières premières. L’auteur démontre toute l’interdépendance des sociétés d’aujourd’hui.
  • Une comparaison entre la République Dominicaine et Haïti. L’auteur nous décrit deux choix différents qui ont un impact sur l’environnement, la diminution des forêts, l’érosion des sols, la dégradation de la fertilité des sols …
  • L’explosion démographique en Afrique de l’Est : les taux de croissance démographique sont les plus élevés au monde. L’auteur étudie la pression démographique et son impact sur l’environnement. Il démontre que les problèmes de surpopulation ont en partie engendré le génocide du Rwanda.
  • Puis les problèmes écologiques de l’Australie : l’activité minière, l’exploitation des ressources renouvelables comme les forêts, les terres arables, le poisson … L’Australie souffre de surpâturage, de la salinisation, de l’érosion des sols, des espèces invasives, de pénuries d’eau et de sècheresses dues à l’homme.
  • Enfin les problèmes de la Chine : les dommages liés à l’environnement ne cessent d’empirer, pollution de l’air, réduction de la biodiversité, diminution des terres arables, désertification, etc.

Quelques leçons pratiques :

  • pourquoi certaines sociétés prennent-elles des décisions catastrophiques ?
  • Les grandes entreprises : le conflit d’intérêt avec les défenseurs de l’environnement ;
  • les douze problèmes les plus graves auxquels les sociétés ont été confrontées.

Avis : livre passionnant pour les personnes qui s’intéressent aux sociétés anciennes, aux échanges commerciaux, aux systèmes agricoles, à la déforestation des terres, aux changements climatiques, à l’épuisement des ressources en eau, des zones de pêche ou du bétail.

Jared Diamond montre à quel point les ressources sont essentielles à la survie des hommes. Mais il démontre aussi que l’effondrement des civilisations passées n’a pas été causé seulement par des problèmes écologiques, mais que d’autres facteurs ont eu un impact, comme des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux ou des voisins hostiles.

Cet ouvrage prouve qu’on peut aussi être optimiste, l’auteur mentionne des sociétés qui ont survécu dans un environnement difficile pendant plus de 1 100 ans …

Ce livre nous fait réfléchir sur les problèmes des civilisations passées. Il nous fait prendre conscience de la fragilité des sociétés modernes.

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Pétrole apocalypse

Yves Cochet, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement dans le gouvernement Jospin.

Pour l’auteur, nous nous rapprochons d’un choc imminent : la fin de l’ère du pétrole bon marché. La hausse des prix des hydrocarbures risque de bouleverser gravement nos modes de vie. Yves Cochet présente tout d’abord la situation géologique avec le déclin définitif de la production de pétrole. Puis il évoque la situation économique avec le déséquilibre entre l’offre par rapport à la demande et enfin, il imagine les conséquences géopolitiques avec une intensification du terrorisme et des guerres pour l’accès au pétrole.

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Le pic de Hubbert, les données géologiques et l’OPEP :

  • les controverses ;
  • la diminution de la production pétrolière a-t-elle déjà commencé ?
  • Les incertitudes et les polémiques sur les réserves ;
  • l’amélioration des technologies d’extraction du pétrole, multiplier les forages ? Les pétroles non conventionnels comme les sables asphaltiques du Canada et les huiles extra-lourdes du Venezuela …

Les données économiques :

  • la hausse de la demande mondial, la soif pétrolière de la Chine et de l’Inde ;
  • histoire des prix du pétrole, le croisement des courbes de l’offre et de la demande mondiale provoquera une tension sur les marchés et une forte hausse des cours du pétrole ;
  • inflation, récession, dépression …
  • Les Pétrodollars, les données géopolitiques ;
  • la dépendance au pétrole dans les secteurs vitaux des transports, de la chaîne agroalimentaire ou de la pétrochimie ;
  • le coût des “kilomètres-aliments” ;
  • pour Y. Cochet, on paye trois fois les aliments ; une fois à la caisse, une deuxième fois par le coût de l’impact sur l’environnement avec les emballages et le transport, et une troisième fois par les subventions aux agriculteurs. Alors qu’avec ses semences bio, le jardinier amateur peut-être autosuffisant, “de la fourche à la fourchette”, il ne débourse pratiquement rien …
  • Économiser rapidement le pétrole, pénurie de tankers, la décroissance de la mobilité, etc.

Existe-t-il des alternatives au pétrole ?

  • Les bitumes, le gaz naturel, le nucléaire, les énergies renouvelables ;
  • économiser les hydrocarbures avec la recherche d’efficacité énergétique : améliorer les rendements de tous les convertisseurs d’énergie ;
  • changer, cela prend du temps …

Une nouvelle vision de l’économie :

  • l’impérialisme thermodynamique ;
  • la contraction économique due à la cherté du pétrole ;
  • le facteur énergétique est le plus important facteur de production (et non pas le travail et le capital) ;
  • effondrement ou simplification ?
  • Réduire l’inévitable choc : que faire à l’échelon national ? au niveau individuel et local ?
  • L’exemple de Cuba.

Avis : il y a une lueur d’espoir dans ce livre. Yves Cochet n’est pas fataliste, il croit qu’il encore possible d’éviter une transition douloureuse face à une future pénurie du pétrole. On peut encore repousser l’arrivée de ce choc en construisant un monde plus sobre. Pour cela, il recommande d’organiser la décroissance de la consommation de matières premières et d’énergie. C’est à l’échelle locale et régionale que nous pouvons envisager une réorganisation complète de la vie individuelle et collective.

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C’est maintenant ! 3 ans pour sauver le monde

Jean marc Jancovici, enseignant issu de l’École Polytechnique

Alain Grandjean, économiste, ancien élève de l’École Polytechnique

Livre de 285 pages

Le calme avant la tempête ? Selon les auteurs, les signes avant-coureurs d’un effondrement se multiplient et devraient nous inciter à réagir.

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Le pic de production du pétrole :

  • la croissance de notre consommation d’énergie ;
  • l’influence du pétrole sur les prix de l’énergie ;
  • l’impossibilité à prévoir le pic du pétrole ;
  • quel est le pétrole extractible restant sous terre ? Les quotas de production ;
  • la sécurité des approvisionnements en gaz, en charbon ;
  • les conséquences d’une pénurie sur la croissance de l’économie : l’industrie, le commerce, etc.

Le changement climatique :

  • les premiers signes et les premières conséquences ;
  • les climato-sceptiques

Dix bonnes raisons de ne rien faire :

  • l’individualisme, l’esprit de compétition ;
  • mon patron ? Vous voulez dire mon actionnaire ? La financiarisation de l’économie : le critère majeur pour l’investissement chez un financier est le taux de rendement interne (TRI) …
  • “Nous ne voyons pas que l’argent n’est évidemment pas la richesse matérielle, même s’il sert d’étalon de mesure de cette richesse !” ;
  • la réduction des moyens d’action des gouvernements, le libre-échange, la fiscalité, les réglementations européennes, etc.
  • Pouvons-nous compter sur la recherche scientifique ? Les auteurs nous expliquent pourquoi la science et la technique ne nous sauveront pas. En fait, ce sont les progrès qui nous conduisent à la destruction accélérée des ressources naturelles !

 Comment trouver une porte de sortie ?

Les auteurs proposent des solutions, quelques défis et combats pour notre survie :

  • vouloir, c’est pouvoir ;
  • travailler plus pour gagner moins ;
  • la simplification institutionnelle ;
  • taxer l’énergie et non le travail ;
  • remettre les villes à la campagne ;
  • rendre obligatoire la rénovation thermique de tous les logements ou bureaux ;
  • reconversion accélérée d’une partie de la voirie urbaine en pistes cyclables ;
  • etc.

Avis : les auteurs démontrent que “chacun tient l’autre par la barbichette” et que nous sommes dans une situation inconfortable. Ils expliquent aussi pourquoi nous ne réagissons pas ou très peu malgré la fréquence des alertes dans les médias. Enfin, ils prouvent aussi avec des exemples du passé que tout est encore possible pour nous en sortir.

Il y a beaucoup d’idées intéressantes dans ce livre aussi bien au niveau écologique qu’économique !

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De quoi l’effondrement est-il le nom ?

La fragmentation du monde

Renaud Duterme, licencié en sciences du développement et de la population de l’Université Libre de Bruxelles, professeur de géographie. Il est membre du CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde).

Livre de 140 pages, préfacé par Pablo Servigne.

L’imaginaire de l’effondrement :

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  • le mot crise est-il adapté à la période actuelle ? Pour l’auteur, il y a “une crise non seulement financière et économique mais également écologique, sociale, politique, identitaire, etc. Ce que traversent nos sociétés est beaucoup plus profond” …
  • Pour Arnaud Duterme, le mot “effondrement” est un concept fourre-tout. Il ne se produira pas comme on l’imagine, car il est focalisé sur le quotidien des classes moyennes. Or, l’effondrement est déjà en marche, certains bidonvilles, ghetto, villes désindustrialisés (comme Detroit) vivent déjà dans la situation sordide décrite par les collapsologues : le déclin industriel, des paysages urbains désertiques, des émeutes, des tensions ethniques, la ségrégation et la pauvreté. Pire encore si on regarde des pays comme la Somalie, l’Irak, le Soudan, Haïti, etc. Nous ne sommes pas tous égaux devant l’effondrement. Les pays n’ont pas la même vulnérabilité, le même niveau de développement, donc un effondrement ne peut se généraliser simultanément à toute la planète …
  •  Chaos post-apocalyptique global ou une société basée sur davantage de vivre-ensemble ? Selon l’auteur, dans la plupart des cas, les organisations pro-sociales sont plus nombreuses que les groupes qualifiés d’antisociaux (vols, pillages).

Quelques éléments de collapsologie :

  •  la question de la démographie, la gestion des ressources, le pouvoir et l’autorité ;
  • les taux élevés de natalité sont plus une conséquence qu’une cause de la pauvreté ;
  • le problème du mode de production et de consommation des 500 millions de personnes les plus aisées ;
  • l’écocide ou l’effondrement environnemental, le gaspillage des ressources ;
  • la complexité, les coûts de fonctionnement d’une société ;
  • la question sociale : les rivalités, la légitimité du pouvoir ;
  • l’effet domino.

L’auteur établit des comparaisons avec les enseignements de Jared Diamond sur les civilisations passées.

Les impasses du monde actuel :

  • un système à bout de souffle ;
  • le pic pétrolier, le REEI (ration du retour d’énergie sur l’énergie investie) et le manque de résilience ;
  • le réchauffement global ;
  • l’illusion technologique, leur développement nécessite de grandes quantités d’énergie fossile … Par ailleurs, ils ne résoudront pas les rapports d’exploitation entre pays et classes sociales …
  • Une économie de bulles en bulles, sans croissance ;
  • vers un nouveau désordre mondial, un monde en guerre, migrations climatiques

Les enclaves du futur :

  • une accentuation des tendances actuelles : de plus en plus de sociétés effondrées cohabitent avec des îlots de prospérité relative. De plus en plus de ségrégation avec un cloisonnement spatial progressif entre les riches et les pauvres. La prolifération de quartiers privés (les gated communities) et la construction de murs révèlent cette tendance ;
  • violence des riches, violence des pauvres ;
  • un racisme institutionnalisé ;
  • etc.

Comment faire face à l’effondrement ?

  • La tentation autoritaire ;
  • la lutte des classes au XXIe siècle ;
  • vers un modèle de contestation libertaire.

1 bibliographie en fin de livre.

Avis : livre axé sur l’insoutenabilité des problèmes écologiques, sociaux et culturels actuels. Arnaud Duterme aborde l’aspect politique de l’effondrement à travers le capitalisme, la lutte des classes, les inégalités, la géographie des villes. Il démontre que l’effondrement est déjà en marche.

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